‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 118 sur 922 · LIVRE DEUXIÈME „g · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME „g

dans la capitale de leurs ancêtres, le fils n'avait point de manoir, le père n'avait point de tombeau 1

Le retour du comte de Foix, quelques jours après ne fut pas moins lugubre. Il dut livrer au roi le berceau de sa race, la demeure féodale de ses aïeux la noble forteresse qui, fièrement assise au confluent de l'Ariége et de l'Arget, défendit cette porte centrale des Pyrénées contre César, Charlemagne et Philippe-Auguste. Ce fut une douleur immense quand le manoir comtal, dont un trapèze de rocher, taillé comme un piédestal gigantesque supporte, à cent cinquante pieds dans les airs son mvmcible donjon crénelé, vit pour la première fois flotter, sur sa plus haute tour, la bannière fleurdelisée de France. L'angoisse fut plus poignante encore quand le magnanime prince descendit les rampes du château, au milieu d'un peuple éploré emmenant la comtesse malade, ses enfants adolescents, ses frères, ses serviteurs et ses palefrois étonnés de cet exil. Pour isoler la garnison étrangère, le sénéchal fit abattre les maisons du bourg qui grimpaient familièrement jusqu'au pied du rocher, et s'abritaient, comme un troupeau, sous 1 ombre paternelle de la forteresse. Volusien l'emporte donc, cet évêque félon, ce saint Sicambre qui livra l'Aquitaine à Clovis, et récemment appela Montfort contre Toulouse ' I Et c'est donc en vain, qu après la victoire du Midi, le pieux comte fit élever, sur la cime qui domine les tours et garde

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