Sant-Bouizia. Ignoble nom, ignoble action I
le défilé septentrional, un oratoire au saint Sauveur *, comme un bouclier pour repousser les Francs I Le Christ libérateur de la patrie romane est vaincu par le traître évêque, le patron perfide de la croisade I Ainsi gémissait le peuple accompagnant éploré le magnanime comte qui remontait en silence la rive droite de l'Ariége. Quel manoir pyrénéen eut l'honneur de recueillir l'héroïque faidit I II ne put sans doute aller bien loin à cause de la maladie de la comtesse. Ermessinde eût voulu probablement se retirer dans son château paternel de Castelbon, sur le versant méridional des Pyrénées, pour s'y ranimer aux tièdes rayons de son soleil d'Espagne. Mais les neiges lui fermaient les ports d'Andorre. Le comte dépassa seulement Montgrenier, ainsi nommé de la fertilité de son terroir, *et appelé aussi Montgaillard de l'escarpement de son site illustré par une âpre lutte contre Montfort. Sa masse crénelle un monticule isolé à la jonction des gorges de Tarascon et de Saint- Paul de Jarrats. C'est le second des deux châteaux remis au roi et déjà sur son donjon flottait l'auriflor de France. Remontant toujours vers le sud le prince se hâta de gagner Tarascon, résidence comtale, au confluent de l'Ariége et du torrent de Sos. C'est dans ce manoir qu'au commencement du siècle, la jeune infante de Castelbon descendit de
1. Sant-Salvadour..Toutes les églises consacrées sous ce vocable sont d'origine plus ou moins albigeoise et hostile à Rome. On peut voir à Saint-Sauveur de Caen quelles caricatures grotesques le sculpteur fait des moines.