Guil. de Puil., ch. xl
138 LES ALBIGEOIS ET LïNQUISITION
de Prouille. Gaillac et Rabastens, au cœur de l'Albigeois, sont alliés par la foi et le sang au comte de Toulouse. Hauterive, brûlé par Montfort, repris par Ramon, a sa prophétesse Aicelina. Hautvillar, sur la Garonne, a partagé toutes les luttes de l'Agenais et du Condomois. Laurac est l'illustre berceau d'Araéric et de Geralda, les martyrs de Lavaur. Puicelsi, assiégé plusieurs fois, est revenu au comte Ramon. Puilaurens et Saint-Paul d'Agoût appartiennent au prompt Sicard, et à Isarn, mal soumis à la nécessité du roi de France. Saverdun menace le sénéchal français de Ramiers et le pousse sous les lances de Foix. Montauban est la colonie florissante du comte de Foix, et Moissac, Montcuc, Montaigut Mas-de-Verdun, sont les avant-postes de sa capi^ taie duQuercy. Montcuc était le fief fidèle de l'infidèle Baudouin, infant de Toulouse. Montcuc refusa un morceau de pain au traître vicomte pris en revenant du siège de Moissac, où ce prince épicurien avait mangé mainte oie et maint chrpon rôti, entre les massacres, et conduisit au gibet de Montauban cet allié de la croisade et de la France*. Quant aux cinq villes innommées dont on se réservait de détruire ou de conserver les murailles, c'étaient probablement Auch, Muret, Castres, Rhodez, et, nous le savons déjà, Toulouse.
Voilà les titres patriotiques de ces trente villes romanes condamnées à perdre leur armure et leur couronne de créneaux. Une seule défendit ses remparts : l'histoire ne nous a pas transmis son nom