‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 16 sur 922 · De Quer, Ker, Car, Roche, et de casser, chêne · texte numérisé non relu

De Quer, Ker, Car, Roche, et de casser, chêne

3. Le mot amour, au moyen âge, comprenait l'ensemble des vert^is, des- talents, des élégances dont se composait la perfection, l'idéal chevaleresque.

se

tournois poétiques et chevaleresques. C'est sur ce siège judicial que le jeune vicomte se vit entouré des vieux serviteurs de sa dynastie, les chefs vénérables des clans pyrénéens, les fils de Nos, d'Oliba, d'impéria, de Bélissen ; le sévère Bertran de Saissac, ancien régent de Garcassonne, pendant la minorité du vicomte victime de Montfort; le valeureux Pierre-Roger de Gab-Aret, le vainqueur de Bourchard de Marly; Olivier et Bernard de Termes, Bernard de Gastres, Olivier et Ramon d'Hautpoul, Bernard de Boissezon, Ramon de Ménerba, Bernard et Olivier de Penne; leurs femmes ou. leurs mères, héroïnes des cours d'amour, revenues vieillies de l'exil d'Espagne, roses fanées par le temps et la tempête, mais reverdissant aux rayons mystiques du Paraclet; la fameuse Loba de Pechnautier, Brunissenda de Cab-Aret, Ermengarda de Castres, Aladaïs de Boissezon, Escarona de Rabastens, Gemesquia de Menerba * ; et avec ces chêtelaines et ces barons, le troubadour Ramon de Miraval, le chantre survivant de leurs beautés et de leurs exploits, vieilli comme eux dans l'exil aux bords de l'Èbre, et qui rapportait avec sa harpe un écho des beaux jours de la patrie romane, et dans sa personne un souvenir des luttes musicales de ses mélodieux rivaux, le tendre poëte Arnauld de Marveil, Alfonse le Chaste, roi d'Aragon, et même Richard Gœur-de-lion, lorsque ce monarque conduisit à Ramond VI sa sœur Jehanna d'Angleterre, devenue

i. Escar-ona, la colline basque; Gemma-Esquia, la perle basque.

comtesse de Toulouse, et qu'il visita la cour d' Aladaïs, la plus poétique des Pyrénées. L'ombre des vieux jours et des félicités éteintes rayonnait un instant encore et répandait son çnchantement mélancolique sur ces manoirs assombris et ensanglantés de Garcassonne \

Le comte de Foix et son jeune pupille Trencabel reçurent alors l'hçmmage de tous les puissants barons de la Montagne -Noire, des Gorbières et de Cerdagne. L'antique Aznar, chef cantabre du Nebouzan, était la souche commune de leur race. Garcassonne, branche de Gommenges, avait formé le rameau de Foix qui s'était regreffé sur sa tige, entée au tronc des Trencabel d'Alby, par le mariage de Roger-Bernard P% comte de Foix, avec Cécile de Garcassonne. Ramon-Roger, vicomte de Garcassonne, était donc neveu issu de germain, de Roger- Bernard II , petit-fils de Cécile de Garcassonne, comtesse de Foix. La consanguinité des races et la proximité des branches étaient encore accrues par l'intimité des chefs. Quelques jours avant la croisade, Ramon-Roger P% vicomte de Garcassonne, pressentant sa fin tragique, et les infortunes de son unique enfant, nomma tuteur de son fils, son parrain, le grand comte Ramon-Roger de Foix, et, dans le cas de la mort de l'orphelin, déclara son oncle héritier de tous ses États. Trencabel, rentjré dans son palais, renouvela la même donation, dans la prévision où il mourrait sans postérité légitime, en faveur de son second tuteur, le comte Roger- Bernard,

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