‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 163 sur 922 · Guil. de Puil., ch. i · texte numérisé non relu

Guil. de Puil., ch. i

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ftH LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION

la mort. L'évêque furieux s'en prit au comte de Toulouse. Un jour il lui dit insolemment : « Je sais que Tan passé j'ai, grâce à Dieu et à vous, recueilli assez paisiblement mes dîmes. Je ne doute pas que vous ne soyez secrètement l'auteur de ces troubles nouveaux. Mais ne croyez pas que je les supporte patiemment. Voici un an que je suis de retour dans la cité. Je suis prêt à m' éloigner encore de ses murs. J'étais mieux dans mon exil que dans mon évéché * . » Le comte de Toulouse s'entremit pacifiquement et force fut à l'évêque de composer, au moins pour quelque temps, avec les seigneurs de Vertfeuil. Foulques sortit, comme il le disait, de sa ville épiscopale, d'où il avait été presque constamment banni, et cette fois ce fut pour toujours. Ce ne fut pas le comte qui l'exila, mais la réprobation universelle et le soulèvement de cœur d'une cité qui l'abhorrait. C'était aussi, de sa part, lassitude d'un épiscopat orageux, mélancolie de moine et de troubadour, nausée du meurtre et du sang. Il demanda le repos à Tabbaye de Grandselve, sa retraite habituelle. Le vieil amant d'Aladaïs de Rocamartina touchait encore, en mourant, sa harpe de ses mains trempées dans le sang d'un peuple; et de ses lèvres noires de calomnie et de fanatisme, célébrait encore la beauté non plus terrestre et périssable, mais immortelle et glorifiée dans la vierge, mère d'un Dieu. Il expira vers Noël 1 231 , et singulière coïncidence, son dernier chant est un hymne sur la naissance du Christ: V Etoile du matin qui se lève sur Jérusalem. On dirait que

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