‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 162 sur 922 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

çais, nommé Odon ou Othon de Liliers. « Il y avait » dans ce château, dit un vieux chroniqueur, cent » maisons de chevaliers, ayant armes, bannières et » palefrois , lesquels furent assaillis de maintes » guerres, grêles et stérilités. J'ai moi-même, dans » mon enfance, vu le noble homme Isarn Nébulat, » anciennement principal seigneur de Vertfeuil , » vieillard centenaire, vivre très - pauvrement à » Toulouse, et se contenter d'un seul roussin'. »

Après la mort de Simon de Montfort, le vieux Isarn l'Embrumé, car c'est le sens de Nébulat, qui ne se contentait pas apparemment de son maigre roussin, remonta sur son ardent cheval de guerre et conduisit son clan chevaleresque à l'attaque de son antique manoir de Vertfeuil, sur les murs duquel fut presque mortellement blessé le jeune Othon d'Aniort. Mais le roi Louis VIII l'en expulsa quelque temps après et le rendit à l'évêque Foulques, partisan de la France; spoliation qui venait d'être confirmée par le traité de Paris.

Les chevaliers de Verfeuil, réduits à vivre en faidits, sortaient, de temps à autre, de leurs cavernes et de leurs forêts : ils guerroyaient contre l'évêque, tuaient ses clercs, levaient ses dîmes, enlevaient ses bestiaux. Au milieu de cette paix qu'on disait miraculeuse f Foulques ne pouvait sortir de Toulouse qu'escorté de soudards étrangers, et sans entendre rugir autour de lui le vieux Nébulat agitant sa lance vengeresse, et tout semblable, sur son coursier décharné, au fantôme du Temps et au spectre de

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