‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 175 sur 922 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

était gendre du vicomte de Turenne dont la vieille tour colossale domine encore son vaste horizon de forêts. Ce prince des barons du Limousin avaittrois filles célèbres par leur beauté et l'admiration des poètes. Na Maenz (Mathilde) vicomtesse de Montignac, eut pour servant l'illustre Bertran de Born, et leur rupture d'un instant ébranla tout l'empire sentimental. Na Maria, vicomtesse de Ventadour, eut pour chantre Gaucelm, le faidit, qui déplora la mort de Richard-cœur-de-Lion. Na Hélis, vicomtesse de Casenac, devait avoir pour poëte Ramon- Jordan de Saint-Antonin, qu'un amour douloureux menait dans les déserts de Gap-de-Nac et de Rocamador. Elle apprend son tendre veuvage; un page arrive dans sa grotte. La vicomtesse, en qui était jeunesse, courtoisie, et beauté, appelait auprès d'elle le troubadour, le suppliait de vivre pour l'amour d'elle, et ajoutait : « Je vous fais don de mon cœur, en dédommagement de la douleur que vous avez ressentie. » Le vicomte vint avec ses compagnons trouver Na Hélis, à Doms, Casenac, Castelnau, ses ma- • noirs de la Dordogne . « El le le prit pour son chevalier et reçut son hommage ; elle se donna à lui l'embrassant et le baisant, et lui donna l'anneau de son doigt pour caution et pour sûreté. » Ainsi parle le légendaire contemporain. Son imagination licencieuse a transformé en une scène de galanterie, une scène de guerre ; et dénature la réception chevaleresque faite au noble vicomte, illustré par ses combats, ses chansons et ses amours. Pierre de Vaux Cernav*

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