Ch. Lxxx
peint Guillaume-Bernard de Gourdon comme un baron cruel, et dona Hélis de Turenne comme une femme virile et guerrière. Ils donnaient un asile au noble proscrit, détournaient sa douleur amoureuse en l'associant à leurs guerres du'Périgord, et acquéraient à la cause catliare une vaillante épéeet une mélodieuse harpe. Mais enfin cet Achab et cette Jesabel, comme les appelle un moine fanatique, furent contraints de ployer sous la fortune de Montfort. Ils durent se replier vers les Pyrénées où les Gourdon de Sarlat trouvèrent Vautre branche de leur maison, les Gourdon de Caraman. Montségur les recueillit probablement aved le noble vicomte, et réunit ses deux amantes, la mystique et la guerrière, TErminie de TAveyron, et la Glorinde de la Dordogne.
Dona Alazaïs de Penne, maintenant humble diaconesse, avait avec elle ses deux fils Bernard et Olivier. Enfants, ils grandirent parmi les chevriers de Gerdagneet d'Andorre, compagnons dans l'exil du chef de leur maison, l'orphelin des Trencabel, le jeune vicomte de Garcassonne. Ils revinrent avec les exilés de Catalogne, et c'est avec ce cortège d'enfants héroïques que le vieux comte rentra dans Toulouse. Au dernier siège de cette ville, le francy le libéral, le valeureux Bernard de Penne défendait laBarbacane, Baussana, voisine du Bazacle *. Après sept ans de combats, Bernard et Olivier reconquirent leur haut donjon, et refusèrent, à la paix de Paris, de le rendre au roi de France. Il nous reste un por-