LIVRE TROISIÈME
trait d'Olivier de Penne : c'est son sceau en cire jaune sur lacs de soie rouge. Le vaillant Albigeois est représenté à chevall'épée haute, dans l'attitude du combat. Sur son écu triangulaire et sur la housse de son palefroi flotte une plume : l'écu de Bernard en a trois, dans un orle de besants d'or. Jeu de mots et d'images où se plaisait l'imagination subtile du moyen âge qui, donnant une étymologie romane au nom cantabre de Penne, traduit l'énorme Roche féodale par un pennache d'aigle. Mais symbole héroïque exprimant le génie ailé de sa race, par la foi, la valeur, et l'amour, aussi bien que Taire aérienne de son donjon tel qu'un nid d'oiseau de proie. La montagne, dont un repli de l'Aveyron enveloppe en murmurant la large base, n'est accessible à son sommet aigu que sur un point où s'ouvre, entre deux grosses tours, l'étroite poterne du puissant manoir féodal qui en dentelle le cône de granit de ses crénelures où flottentdes lierres etles nuées. Il s'ouvre à l'orient, dominant les étables, lesberereries, les cabanes des colons, désordonnément jetés sur les déclivités anfractueuses de la montagne, regardant au sud, par-dessus les coteaux, le vert tapis des forets de la Grésigne qui se déroule vers Montauban, et surplombant au nord le gouffre semi- circulaire où dans la profondeur expire le mugissement de son torrent sauvage. On montre encore une fenêtre aux larges banquettes latérales de pierre d'où la vicomtesse inclinée épiait rêveuse si le beau vicomte n'arrivait pas sur son palefroi bondissant le long des grèves de l'Aveyron *.