LIVRE TROISIÈME
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nuées, pitons crénelés d'une chaîne rocailleuse, rongée à sa base par l'Orbiel, écorchée à la cime par les orages, formaient, comme l'exprime leur nom commun de Cab-Aret, la tête de la Montagne- Noire et barraient le pas de Montsarrat * sous le pic de Nore. Ils étaient flanqués au levant par le donjon royal de Cabre-Espine, et au couchant par le château féodal de Saissac. Les fils de Lambert de Croissy, par la strade antique ou voie romaine enveloppaient les bois Ramondens, rejoignaient les deux Montfort de Castres et de Lombers, au nord de la Montagne-Noire. Les deux neveux du chef de la croisade complétaient la circonvallation en étendant vers le levant le château de Roquecourbe, et vers le sud-est la bastide Saint- Amand, rapprochée du pic de Nore, au pied duquel les archers des Montfort retrouvaient l'ost royal de Cabrespine et les capitaines français du Cabardez. Ce massif de montagnes enserré dans ce cercle de fer, vert et ombragé au nord, comme une Arcadie^ sauvage, aride au sud et calciné comme un désert d'Arabie, était une oasis escarpée d'indépendance, d'humanité, de poésie. Nous avons signalé le roi des faidits de Nore dont le nom nous échappe ; nous en connaissons la sibylle ascétique, la pauvre et solitaire Saurimonde. Recueillons aussi la mémoire de leur médecin : il s'appelait Guilhem Bernard d'Aïros *, il était de Saissac, et Bourchard de Mari y avait donné ses biens à l'ab-