‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 190 sur 922 · LIVRE TROISIÈME :m · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME :m

après dix ans de guerres, dans son manoir patriarcal, par son ami le grand comte Roger de Foix, qui trouva la mort dans l'escalade de Mirepois. Son vassal lui survécut peu, car ramenant son frère Isarn à Fanjaus, il fut blessé mortellement à l'attaque de ses murailles, d'où il expulsa les croisés. Pierre-Roger, ramené mourant à Mirepois, y expira dans la foi cathare, consolé par son frère, l'évêque Ramon, et par son fils aîné, diacre, qui avait échangé, tout jeune encore, le baudrier chevaleresque contre le cordon sacerdotal *. Par là, son second fils, Pierre-Roger, devint le chef de la race des Bélissen. Il était hardi, aventureux, téméraire, âpre à la proie, ardent à la bataille, mais d'un tempérament peu mûri par l'idéal chevaleresque et religieux. Expulsé de Mirepois, quelques mois après, parle roi de France, le jeune proscrit errait en faidit des bois sur les montagnes du Thabor, d'où il descendait de temps en temps à la cour de Foix.

Arnauld-Roger, chef de la première branche des Bélissen, quoique en réalité laïque, a été parfois considéré comme évêque, tant il exerçait les vertus de l'épiscopat sous la cotte de mailles du chevalier. Fornéira de Perelha, sa pieuse mère, l'avait, dès la mamelle, élevé comme un futur champion de l'Église du Paraclet. Elle-même, dans la fleur de l'âge et de la beauté, dans un sentiment exalté de piété mystique, avait quitté son mari, son château.

1. Doat. Ce cordon était le signe symbolique des Cathares revêtus.

ses grandeurs chevaleresques, pour l'indigence et le veuvage volontaire de Tapostolat albigeois *. Pendant près de vingt ans, elle prêcha d'abord à Mirepois, puis à Lavelanet, enfin à Montségur. Arnaud-Roger, qui avait marié Aladaïs, sa sœur, à Alzeu de Massabrac, avait épousé Cécilia fille de Braïda du Peyrat et d'Isarn de Montserver, et les filles, les femmes, les mères de ces familles chevaleresques, formaient une sainte phalange de vierges et de matrones au service du Consolateur*. Les Batailha, seconde branche des Bélissen, formaient trois rameaux : les Batailha de Mirepois, les Batailha de Ventenac, les Batailha de Gastelverdun. Gomme les Pierre-Roger, leurs aînés, ils

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