‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 200 sur 922 · Doat, Zurita, cronica de Aragon · texte numérisé non relu

Doat, Zurita, cronica de Aragon

Mais le premier de sa prison était remonté sur le trône, et le second de son palais, un instant reconquis, retombait dans un exil sans espoir. Le jeune destin de Trencabel avait été bien plus furieusement bouleversé. Son enfance n'avait été qu'une aventure touchante non moins qu'héroïque*. Il pendait encore à la mamelle quand sa mère l'emporta, tout éperdue, pour le dérober à la croisade qui investissait Carcassonne. Bientôt, délaissé par son indigne mère, réconciliée à Simon de Montfort, meurtrier de son époux et spoliateur de son fils, le petit orphelin fut élevé dans les tours hospitalières de Foix. Mais, après la funeste bataille de Muret, chassé, par l'effroi, de cet inexpugnable donjon, il erra de nouveau à la suite des comtes faidits dans les bercails d'Andorre et de Cerdagne. Revenu d'Espagne avec les exilés, il concourut, guerrier de douze ans, à la délivrance romane, dont il fut la grâce enfantine et chevaleresque. Il vit la reprise de Toulouse, le trépas de Simon, l'expulsion d'Amaury, la retraite honteuse de la croisade. Enfin le magnanime comte Roger-Bernard de Foix, son parent et son tuteur, complète la victoire du Midi et clôt ces guerres tragiques en ramenant son héroïque pupille, après quinze ans d*exil, dans les tours veuves et dévastées de Carcassonne. Mais, à peine a-t-il dormi dans le palais de ses ancêtres qu'il en est expulsé, et cette fois pour toujours, par le roi de France, son parent, oublieux de leur commune descendance de Louis

Page 1