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Des pals rouges sur un champ d'or

brigandages de Montfort, les violences de Tarclievêque Arnauld, les querelles de ces deux chefs de la spoliation, qui se disputaient le duché de Gothie, blessaient, fatiguaient, révoltaient le vicomte. Aussi vit-il avec plaisir le retour des exilés, et, entraîné par son peuple aussi bien que par son cœur vers le parti national, il se mêla à ses combats et à ses victoires et concourut à la délivrance du Midi. Mais l'invasion du roi Louis VIII lui fit regretter sa gloire patriotique, et le prince, tremblant, dut courber une seconde fois la tête sous le joug français. A la mort de ce'roi, il reprit son indépendance et ses armes, et s'unit aux derniers et infortunés combats de la patrie mourante. Sa soumission hâtive put à peine le sauver après la paix de Paris. Il ne dut la conservation de ses États qu'aux larmes de sa femme française et à la faveur de son beau-frère, le commissaire royal, Mathieu de Marly. Le cœur du vicomte inclinait pourtant vers le parti national qui résolut de s'attacher indissolublement le versatile et puissant prince. On enchaîna le plus faible au plus fort, le plus mobile au plus constant et au plus fidèle, au magnanime comte de Foix. Roger-Bernard avait perdu sa femme Ermessende de Gastelbon. Il demanda la main d'Ermengarde de Narbonne. C'était un mariage évidemment politique. L'infante avait à peine vingt ans : le héros en avait cinquante. A cet âge il pouvait vivre dans le veuvage que lui prescrivaient ses habitudes de chasteté et ses principes de morale cathare. Il céda visiblement aux exigences de la cause romane : chose singulière, cette union

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