‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 214 sur 922 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

Ainsi se relevait, porté par son peuple, le comte de Toulouse, et se reformait la tête du parti national dont le comte de Foix demeurait le bras et l'épée. Ramon, pour s'attacher plus étroitement encore le héros pyrénéen, lui restitua Saverdun et lui céda tous ses droits sur les châteaux de Palhers, de Pereille et d'Alzen, de Castelverdun, de Rabat et de Quier, pour lesquels, ainsi que pour la terre de Saint-Félix, il reçut l'hommage du comte de Foix. Le Midi, comme un serpent coupé par l'épée de la France, cherchait à renouer ses tronçons, à rassembler ses membres épars. Ramon VII, en s' attachant Roger-Bernard, ralliait lo ute' une tribu de princes de montagne, car les comtes de 'Foix, de Gommenges, de Gouserans, de Palhars, de Garcassonne et même de Barcelone, ne formaient qu'un seul faisceau de branches consanguines, ayant toutes les mêmes armes, d'or à trois et quatre pals de gueules ' . Un seul de ces princes romans, Améric, vicomte de Narbonne, d'origine espagnole, était distinct par la race comme par la politique; il s'était montré flottant, indécis, suivant la fortune, entre le pays et l'étranger, le Midi et le Nord. Depuis un demi-siècle, Narbonne inclinait vers la France ; Narbonne avait fléchi devant la croisade. Le vicomte Améric s'était rendu à la rencontre du légat Arnauld-Amalric, tout fumant du massacre de Béziers. Plus tard, il avait épousé une Française, Marguerite de Marly, cousine de Montfort, qui le rattacha aux conquérants. Mais les

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