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SeO LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
ferme le tabernable vivant du Paraclet. Il est effectivement la sentinelle vigilante ou plutôt le concierge armé du grand asile pyrénéen. Aussi ne le voit-on pas figurer avec ses compagnons dans les batailles du Midi. Son nom n'est point dans les chroniques; il n'est point dans les chants des troubadours, il n'est point dans l'épopée de Guilhem de Tudella, le chantre officiel des comtes de Foix. Quand tous combattent et meurent, où donc est le pieux, le généreux Ramon de Pérelha ? Sa guerre est sur la montagne; mais on craint de prononcer son nom, comme celui de Montségur ; son combat solitaire, comme le sanctuaire de l'Esprit, est voilé de silence et de nuée.
Quelques événements se dessinent pourtant dans ce lointain vague et nébuleux. Retraçons-les sommairement. Après la chute de Garcassonne, Ramon de Pérelha vit accourir auprès de lui les habitants fugitifs de cette cité, des familles éperdues du Rasez et du Lauragais, entre autres les chevaliers de Limons, de Fanjaus et de Mirepois. Les femmes, les enfants, les vieillards furent recueillis à Montségur, mais les hommes d'armes s'arrêtèrent à Lavelanet, Relestar, Montferrier, qui formaient avec Pérelha et la Roca, au pied de la montagne sainte, comme un demi-cercle de châteaux hérissés de tours, de balistes et d'archers. Ces châteaux, moins forts par l'escarpement de leurs sites que par le courage de leurs défenseurs, se maintinrent pendant trois ans contre les Français. Mais en 1212, Gui deMontfort, frère du chef de la croisade, Enguerrandde Boves, Robert, archevêque de Rouen, Robert, évêque élu