Hist. du Lang,, l. V, preuve
titure de sa conquête dont il avait déjà obtenu la consécration du concile de Latran *. Alors le peuple se portait à sa rencontre enchantant: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Maintenant on venait encore en procession, on le saluait des mômes cantiques. Gomme on baisait ses vêtements on porte à ses lèvres la housse de son cercueil. La mort, en rabattant, l'avait grandi; le héros était devenu martyr ; ses lauriers s'épanouissaient en palmes. C'est ainsi que de procession en procession ces lugubres pèlerins atteignirent l'Ile-de-France et leur vallée natale de Ghevreuse. Après une absence de. quinze ans, ils revoyaient leurs châteaux paternels, Lévis, Voisin , Bruyères, La Ferté. groupés autour du puissant donjon de Montfort. Maigres châtellenies pourtant, nids de choucas et d'éperviers, comparés aux magnifiques cités qu'ils avaient perdues , aux superbes forteresses de Mirepois Ghalabre, Limoux, Saissac, Castres, Carcassonne, Alby, et surtout la rose des villes, Toulouse la Grande plus grande alors, en effet, que Paris.
Une de leurs dernières haltes fut l'abbaye de Port-Royal, récemment fondée par Mathilde de Garlande, femme de Mathieu pr de Marly pour obtenir de Dieu l'heureux retour de son mari parti dans la croisade qui fit la conquête de l'empire d'Orient (1204)^ Mathieu ne revint pas : il périt avec l'empereur Baudoin; mais cinq ans après éclata la guerre des Albigeois et l'abbaye fut ache-