‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 22 sur 922 · Hist. duLang,, t. V, preuve · texte numérisé non relu

Hist. duLang,, t. V, preuve

Dominique, expulsé par les premiers retours de la victoire romane, était mort depuis trois ans à Bologne (1221), et la ronce croissait sur son tertre néglfgé qui devait bientôt se changer en autel. Ses monastères de Prouille, de Lescure, de Toulouse, formés par la spoliation, et rendus à leurs légitimes héritiers, étaient redevenus des manoirs chevaleresques. Ses disciples dispersés suivaient les croisés d'Outre-Loire, avec leur prieur Mathieu de France. Ils cherchaient un refuge à la cour de Paris, oh ils trouveront sur le trône une élève de Saint-Dominique, une reine castillane.

C'est ainsi que les croisés chemmai-ent lentement

d'abbaye en abbaye, à travers les montagnes dn Rouergue, les forêts du Limousin, les landes et les marais de la Sologne, souffrant de la faim, de la pluie, des neiges, et non sans danger, pour cette foule de femmes et de petits enfants, au passage des fleuves enflés par l'hiver *. Mais à mesure qu'ils pénétraient dans le Nord, la réprobation populaire s'apaisait; la clameur se changeait en acclamation, la huée tournait en cantique. Au delà de la Loire, Simon de Montfort, l'assassin du Midi, fut le Macchabée de l'Église romaine, le Roland de Philippe- Auguste, ce Charlemagne capétien, un mélange du paladin et du martyr de la couronne de France. Il obtint dans la mort un reflet funèbre du triomphe féodal que lui décerna la France lorsque le vainqueur de Toulouse vint recevoir de son roi l'inves-

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