‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 238 sur 922 · Guil. deTudella · texte numérisé non relu

Guil. deTudella

lÉ

genêt épineux dans les ravins profonds que domine son castel ; Tété, ils remontaient vers les sources de i'Ariége, dont il voyait du haut de ses tours, les ciines neigeuses, sous un ciel de feu. Les Villemur avaient la passion des ours ; les bergers, quand ils redescendaient en automne, devaient offrir à leurs maîtres des oursons sains et gaillards qu'ils élevaient comme des chiens dans les cours et les vestibules de leurs manoirs*. Insensiblement, et sous la discipline de riuquisition, ils contractèrent les mœurs de ces féroces animaux. Au xvi® siècle, Biaise de Villemur, émule de Biaise de Montluc, fut la panthère catholique du pays de Foix. Ces barons avaient transporté la chapelle du village au pied de leur donjon pour que leurs vassaux vinssent y prier le Dieu de Montfort et de saint Dominique. Leur race s'éteignit dans celle de Maulezun, dont récusson décore de ses emblèmes héraldiques le portail de l'église et du château : le lion et le dragon, deux symboles du génie du mal, ont remplacé la colombe du Paraclet qui couva dans le manoir cathare les premières générations des Villemur^. Mais l'Esprit a vaincu le lion et le dragon, et ce ne sont plus que les spectres de cuivre et de pierre d'un âge barbare. Aujourd'hui, le pigeon roucoule dans les meurtrières des tours; le paon superbe erre autour des murailles avec son compagnon rustique, le coq des Gaules, dont la fierté plébéienne

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