LIVRE QUATRIÈME o
ne s mclme pas d'un cheveu devant le chaperon d'émeraudes et l'éventail étoile de saphirs de ce Maht
l'ho :f:i f '''''^'- ^^ ''^"'^ '''^^^-^^ annonce 1 hospitalité du manoir baronnial à l'antiquaire démocrate qu'attirent les grandes mémoires oubliées du chevaleresque Amiel et. du vénérable Guillabert le samt pontife du Paraclet. Et l'historien populaire salue avec respect l'élégant donjon délabré, qui s isole mélancoliquement sur sa hauteur féodale et qui semble, dans le deuil de son passé tragique' se dérober derrière son bocage gracieux et funèbre de chênes, de cytises et de cyprès
Le vieux châtelain de Palhers se joignit à son neveu le seigneur de Montségur : ils s'engagèrent dans la gorge boisée de la Lèza dont ils remontèrent la rive droite jusqu'à Montagut Devant ce manoir, ils retrouvèrent la route parcourue la veille en sens inverse, et leur noble hôte qui les attendait, le valeureux Loup de Foix
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danger désormais, que Loup et Amiel escortèrent
les evêques albigeois, jusqu'au passage de l'ArÏÏge A Samt-Jean-des-Verges. Ramon de Pérelha trout d autres amis, le seigneur de Malleo (Mauléon) fils d Amiel de Palhers ', et les chevaliers d'Arvigna e de Vergnolas, quine devaient plus quitter les pieux voyageurs jusqu'à Montsé<^ur '
Nous avons suivi pas à pas la marche du sacer-
doce cathare , depuis le Lauragais , les pays des labours, à travers le Podaguez, le pays des monticules, de Sainte-Gabelle à Saint-Jean-des-Verges, jusqu'à l'Acarnaguez, le pays des montagnes, dont ils vont cheroher, par les vallons solitaires de THerm, Textrémité méridionale, sur la cime de Montségur. Nous avons marqué avec un amour filial, avec une religieuse fidélité, le chemin, le trajet, les haltes, les manoirs amis, les races hospitalières, les gardes dévoués et courageux. Car ce voyage est une date solennelle de cette histoire ; c'est une marche funèbre dont le terme est un tombeau. Ces pâles pèlerins vont tranquillement à la mort : ils montent au supplice; ils s'élèvent au martyre. Nul ne redescendra de Montségur que pour les bûchers de Toulouse ou les basses-fosses de Garcassonne ; et ceux qui n'en redescendront pas, ne trouveront sur cette cime du Thabor qu'une lente agonie, un sépulcre ignoré, ou un holocauste éclatant et colossal. Voilà pourquoi l'historien se met pieusement à la suite de cette procession lugubre, et gravit en soupirant la voie douloureuse de ce calvaire pyrénéen. Ges hommes méritent ce religieux et funèbre hommage. Ils sont non-seulement nos aïeux, mais des saints, des confesseurs, de grands citoyens : ces chevaliers, malgré leurs défauts, sont les défenseurs de la patrie ; ces prêtres , malgré leurs erreurs, sont les martyrs de l'Esprit, et leur vénérable patriarche, Guilhabert de Castres, est l'Oint du Paraclet.