‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 246 sur 922 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

sade; c'est là qu'il espèrent encore vaincre les rages de l'inquisition; c'est de là, que la paix, la liberté, la consolation , objet de leurs prières , descendront de nouveau sur le Midi.

Cependant le bruit s'était répandu que Guilhabert de Castres était arrivé pendant la nuit, et qu'il avait ramené une seconde fois et pour toujours les Amis de Dieu sur le Thabor. Une joie aussi vive qu'inespérée remplit le cœur des exilés de Montségur. On sait la tendre et religieuse vénération qu'ils rendaieat aux ministres duParaclet. Du village, assis au bord de l'Ers, des grottes voisines, des forêts environnantes, les chevaliers, les solitaires, les diaconesses, les pâtres,vieillards débilités par l'âge, par l'austérité et le malheur, montèrent en foule, les brusques zigzags de la rampe abrupte et vertigineuse du donjon. Guilhabert devait prêcher, et consacrer derechef, par un service solennel, la montagne de la Consolation. Il n'y avait point de temple à Montségur. Un temple est le symbole du monde. Le Paraclet, hostile au monde, ne peut avoir de sanctuaire matériel. Le cœur de l'homme est le seul tabernacle de l'Esprit. Lesfaidits avaient pourtant un oratoire habituel, un vaste bercail rustique *, mais il était en bas dans le hameau. L'assemblée cette fois se tint sur la Roche, dans le château même, car l'objet de la solennité était la consécration d'un véritable pacte politique et religieux. Ramonde Pérelha, Gorba sa femme, Jordan, son fils, Philippa, Esclarmonde, Alpaïs et Braïda,

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