Platon, Le Banquet, le Timée, le deuxième Alcibiade
ti
i LES ALBIGEOIS ET LINQUISIIION
dérobait le crucifié, voilait d'un nuage le Calvaire.
Les gnostiques avaient été conduits encore à cette négation parleur conception philosophique de l'origine des choses. La raison n'ajamais pu s'expliquer la coexistence simultanée de l'infini et du fini, de Dieu et du monde. Si l'Esprit est l'être, la matière est le néant; si l'Esprit est le bien, la matière est le mal, c'est-à-dire le non-être. Dieu donc étantl'étre infini, la chair n'est qu'une ombre, le monde qu'un fantôme, la destinée qu'un drame lugubre, mais fantasmagorique. De là des conséquences qui modifiaient profondément la théologie, la morale, le culte. 11 nous suflSt de signaler maintenant que le christ cathare n'était point homme, que son corps était lumineux et éthéré, qu'il n'a point physiquement soufi'ert sur la croix, qu'il n'a pas été plus réellement crucifié sur le gibet du Calvaire que l'Agneau n'est réellement immolé sur l'autel céleste de l'Apocalypse.
Il y avait des gnostiques juifs, et des gnostiques grecs-syriens. A laquelle de ces deux branches se rattachaient les cathares albigeois? Ils avaient horreur de tout ce qui était hébraïque. Ils repoussaient le Jéhova hébreu, le Jésus galiléen, la Bible mosaïque, les évangiles judaïsants, et ils éludaient tout ce que Jean conserve d'israélite *. Ils étaient donc grecs-orientaux. Mais ils ne se rattachaient ni à Bardesanes, ni à Basilide, ni à Valentin. L'hérésiarque gnostique dont ils se rapprochaient le plus, c'est le poétique Marcion; et l'on pourrait dire