LIVRE CINQUIÈME f
comme un patriarche de Gonstantinople, qui reconnaissait pour patron Jean, l'apôtre de l'Orient, et dont la basilique métropolitaine était consacrée à rAgia-Sophia, la Sagesse éternelle. Les cathares partageaient là-dessus , en les dépassant, toutes les idées de Grégoire de Nazianze. Seulement, au lieu du Verbe, ils invoquaient le Paraclet. Ils accordaient une suprématie immense au Fils de Zébédée. Ses écrits formaient à peu près toute leur Bible. L'évangile Johannite commençait leur histoire, et l'Apocalypse de Pathmos ouvrait leur épopée. Leur génie avait le tempérament de l'aigle, symbole de Boanerges, et ils étaient véritablement les enfants du tonnerre, du soleil et des nuées.
ParrapôtreJeanramiduSauveur,etpar son évangile, la perle de la Bible, les cathares étaient nonseulement d'origine orthodoxe, mais encore de la plus haute et de la plus pure lignée évangélique. Et pourtant ils sortirent de l'orthodoxie par un raffinement exagéré et par un élan éperdu vers l'idéal chrétien. Non contents d'avoir Vévangile spirituel, ils l'interprétaient dans le sens de la plus haute mysticité. Ils n'étaient pas seulement mystiques : ils étaient encore gnostiques. Leur christianisme était une gnose, c'est-à-dire, une connaissance; une prédication et non un sacrifice : leur chef • était le Verbe enseignant, et non l'Homme Dieu souffrant. Comme le Dieu-Sauveur de Platon, il sauvait par la vérité, non par l'expiation et le martyre *. Le catharisme, au fond, supprimait la croix,