LIVRE CINQUIÈME f
seigneurs d'Aragon-, de Saissac, de Gab-Aret et du Minerbois, escortèrent Bernard de Simorra sur les montagnes du Thabor. Le synode de Montségur ne devait pas être seulement composé d'évêques, mais encore de seigneurs laïques, comme les anciens conciles d'Espagne ; il ne s'agissait pas uniquement d'une réorganisation sacerdotale du catharisme, mais d'une reconstitution générale de toutes les forces religieuses et chevaleresques du Midi.
Olivier et Bernard de Penne, ces hardis chefs du camp desfaidits de l'Aveyron, accompagnèrent sans doute les diacres de l'Albigeois, du Rouergue et du Quercy, et peut-être leur illustre mère suivie des diaconesses de la Grésigne, qui sortit de sa grotte de Bruniquel pour visiter la Mère des parfaites du Thabor, la grande Esclarmonde de Foix. Avec eux devaient venir les puissants seigneurs de Rabastens dont le rude et tenace chef, PeJfort, le gentil orateur*, époux d'Escaronia de l'Ile-enJourdan, était gendre de la vénérable vicomtesse de Gimoez et cousin germain du comte de Foix. Il entraîna sans doute sa niece, Gondors de Rabastens, et son mari Bertrand, frère du comte de Toulouse, et seigneur par sa femme de Bruniquel et de Pui-Gelsi dont on avait abattu les murailles. Nous verrons bientôt qu'Alaman de Roaix, qui avait l'honneur de loger dans son palais le comte Ramon déshérité, se rendit avec son jeune fils à Montségur. Plusieurs autres chefs des nobles familles chevaleresques et capitulaires, les Pierre de