‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 280 sur 922 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

leurs paroisses respectives. Nous pouvons, grâce à une procédure inquisitoriale, recomposer le tableau du personnel ecclésiastique du Lauragais et du Toulousain. Guilhabert, évêque de Toulouse, «avait pour fils-majeur Vigoros de Bocona, et pour filsmineur Bertrand d'En Marti, et au-dessous de ces deux archidiacres environ cent diacres et autant de diaconesses répandus dans la partie orientale de son diocèse. Relevons pieusement ces noms perdus, mais dont l'obscurité et l'opprobre même s'illumine pour nous d'une auréole de patriotisme et de martyre. N'oublions pas que ces ministres n'avaient presque pas de résidences fixes, et que toujours errants de forêts en forêts, ils ne faisaient que de courtes haltes dans des cabanes, des grottes, des lieux déserts.

Guilhem Adam, et son compagnon (socius) Pierre Arnauld, prêchait à Gibel, bourg situé sur un monticule comme l'exprime son nom arabe. Isarn, seigneur de Gibel, était cathare, et sa veuve Andria devint diaconesse couronnée et prit le diadème, symbole féminin de la plus haute perfection gnostique *. Les Arnauld, natifs de Romenx, étaient trois diacres ; Ramon et Guilhem accompagnaient l'évêque Benazet de Termas qui résidait d'ordinaire dans les bois d'Antioche, près du Mas-Saintes- ,Puelles et qui vers cette époque visita les cathares de Perpignan.

1. Andria, épouse. Il est singulier que le féminin d*àvsp, homme, qui n'existe point dans le grec, se retrouve dans le basque.

32 l-ES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION

Les Bolbena étaient deux, Pierre et Arnauld: ils fréquentaient Avignonet, Montesquieu. Bernard et Pierre Brus hantaient le bois de TAvéran, et la Garrigue dels Ferreters, voisine de Cassers, de mémoire si tragique. Ces vastes chênaies étaient anciennement un sanctuaire d'Abélan ou du soleil.

Pierre Colomb se montrait à Fanjaus avec son acolyte Guilhem distingué par le surnom injurieux de Boca-d'Asé. Bernard Colombassa, dont le nom a reçu également une terminaison outrageuse, devait être de la même maison, et se tenait à La Garda. Ils étaient des environs de Mirepois, et leurs descendans habitent de nos jours la Bastidesur-l'Ers.

Bonfilh, diacre, était des Cassers. Bernard, son père, Pierre, son aïeul, étaiie^t croyants ; et Bonafilha, sa tante, diaconesse, ofl5ciait, à Montréal, au commencement delà croisade (1210). Bonfilh était renommé comme théologien. Il convertit Guilhem de Baranho (Varagne), et le chevalier devint le compagnon du ministre plébéien que suivaient déjà Bernard et Estébé Comas ou las Comas. Il soutint de brillantes controverses au Mas-Saintes-Puelles, contre Arnauld Pitrel ; à Avignonet, contre Pierre Lebrun. Celle-ci roula sur la loi de Moïse que défendait le catholique, et que repoussait le cathare hostile au judaïsme. 11 y fut vainqueur, et quelque temps après, la foule accourut de nouveau pour assister à sa prédication et à ses agapes chez Na Sapdaléna mère de Stéphane ou Estébé de Villanova. Bonfilh plus tard fut élevé à Tépiscopat. Bernard d'Aïros était le fameux médecin de

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