‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 292 sur 922 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

l'humble servante de Sant-Paoulet. Tout était confondu et nivelé par l'esprit, le malheur et le désert. Ces diaconesses sortaient fréquemment de leur roche agreste et de leur solitude sauvage. De jour et de nuit, elles se rendaient à cheval, et sous la garde de chevaliers, partout où les réclamait le vœu des malades et des mourants, administrant aux ipremiers, medjesses *, des soins et des remèdes, et aux seconds, prétresses , le dernier breuvage, le cordial souverain, le consolament. La plus active de ces diaconesses est la jeune India de l'Ile [de Fanjaus : son nom nous permet de supposer qu'elle avait pour marraine India de Toulouse, fille du comte Ramon VI, épouse de Jordan II de l'Ile, et bru d'Esclarmonde de Foix ; et que sa maison était une branche, transplantée en Lauragais, de la grande souche chevaleresque de l'Ile de Gascogne, et des vicomtes de Gimoez. Amazone de charité, l'aventureuse India, chevauchait infatigable dans tous les alentours de Montségur, habituellement escortée par son vaillant frère, le chevalier Guilhem de l'Ile, etpar l'héroïque Loup de Foix. Pourtant, la plupart de ces diaconesses vivaient sédentaires , surveillaient les enfants, soignaient les vieillards et les infirmes, travaillaient en commun dans des ouvroirs,filaientlelinetlalaine, faisaient destissus, façonnaient des vêtements, cueillaient, séchaient les herbes médicinales, préparaient des sucs, des cordiaux avec le miel des rochers, les fruits sauvages du nerprun, du cornouiller, de l'épine

Page 1