Medje, médecin, Medja, Medjessa, curatrice
4i LES ALBIGEOIS ET LMNQUISITION
vinette, et du raisin d'ours. Les plus vieilles recluses dans une grotte, ou une cabane de ramée, où on les visitait comme des saintes, s'éteignaient en murmurant des prières et en chantant des hymnes, tellement amaigries par Tàge et le jeûne, et laissant si peu de cendres d'elles-mêmes, qu'elles semblaient s'évaporer en oraisons et en cantiques.
A la mort d'Esclarmonde de Foix, Rissenda de Telho , désignée probablement d'avance par le Synode et par Esclamonde elle-même, succéda à la vicomtesse de Gimoez, et devint la seconde archidiaconesse de Montségur*. Rissenda, comme son nom l'indique, était dame du Telh, petit manoir rustique, caché dans les bois sur d'âpres coteaux entre le monastère des Salenques et le castellar du Podaguez (Carla-le-comte). Elle appartient d'abord à la légende. Son existence fut accidentée et romanesque. Elle aurait été tour à tour abbesse des Salenques, favorite du comte Ramon-Roger, pénitente du Thabor, et supérieure des vierges et des veuves de Montségur. Elle trouva la paix dans le sein du Consolateur. Rissenda fut une femme éminente si l'on enljuge par sa dignité et ses descendants. Elle fut probablement la mère de Loup de Foix et certainement l'aïeule de Joan du Telh, le Léonidas calviniste du comté de Foix au xvii» siècle 2. Son humble donjon a disparu, aussi bien que le tilleul gigantesque qui le protégeait des vents,