‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 300 sur 922 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

leurs cabanes ou de leurs châteaux s'y mêlaient à de vieux guerriers sortis mutilés de vingt ans de batailles. Après le traité de Paris, ces barons, quittant le harnais, se firent prédicateurs du Paraclet et continuèrent, par la parole, le combat des lances et des haches d'armes. Pierre-Roger, fils aîné du chef de la maison de Bélissen, dont TonclcRamon de Mirepois, était évêque, suivit son exemple malgré les sarcasmes des barons, et cédant à son jeune frère tout l'espoir de ses grandeurs féodales, échangea le ceinturon des chevaliers, contre le cordon des Amis de Dieu. Gérald de Gourdon, seigneur de Caraman, béni dès le berceau par le pape bulgare Nicétas, entra également dans le sacerdoce du Paraclet. Quand le comte Ramon VI revint d'Espagne avec les exilés de Castelbon, Gérald de Gourdon, dépossédé de Caraman et chef de faidits, sortit des forêts avec ses compagnons, et concourut aux deux défenses victorieuses de Toulouse, et à l'expulsion des Monfort. Quand le traité de Paris l'eut dépossédé sans retour, il entra dans le sacerdoce avec sa femme Géralda de la Tour, nièce du noble et malheureux Pagan de la Bessède, et de ces deux non moins héroïques et infortunés martyrs, Géralda de Lavaur et Améric de Montréal. Géralda de la Tour devint parfaite et diaconesse ; Gérald de Caraman, parfait, diacre, et enfin évêque. Parents des seigneurs de Laurac et d'Aniort, ils devaient avoir pour asiles les châteaux encore indépendants que les fils d'Impéria possédaient dans le Rasez, le Lauragais et la Cerdagne *.

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