Pierre de Vaux-Cernay
géant de la croisade. Le fougueux chef prit aisément une place à peine revêtue d'un faible mur de brique au pied duquel le talus naturel du coteau le conduisait, presque sans fossé ni escalade jusqu'aux portes, tournées, Tune au niveau du sol, vers le sud, l'autre un peu plus exhaussée, vers le couchant. Montfort s'installa dans le manoir d'Isarn de Bélissen, et Dominique dans le logis de Guillabert de Castres. Le baron pyrénéen et l'archidiacre albigeois se retiraient, le premier auprès du comte de Foix pour combattre, et le second, pour prier et consoler, sur la cime de Montségur.
FOiNOÀTlON DU MONASTÈRE DE PRODiLLE.
Fanjaus, situé à l'extrémité méridionale du Toulousain , relevait directement de la maison de Saint-Gélis. Montfort eût hésité sans doute à envahir le domaine d'un prince encore l'allié des croisés. Mais Dominique évidemment vint le chercher à Montréal pour l'entraîner sur Fanjaus, comme Maurin, abbé de Pamiers, vint le chercher à Fanjaus pour l'entraîner sur Mirepoîs et les terres du comte de Foix. C'est sur les excitations de ces deux . moines que l'ardeur conquérante de Montfort s'élança, sans déclaration de guerre, sur le territoire de ces deux princes. La participation de Dominique à cet attentat se