Doat., XXII. Bérenger de Livehiiiet
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lie LES ALBIGEOIS ET LIXQUISITION
castillan sous la protection des croisés français. L'histoire n'est pas moins poétique que la légende, mais d'une poésie plus terrestre et plus
funèbre .
Le château deProuille, construit à deux traits de , baliste de Fanjaus, n'était évidemment qu'un appendice de son donjon féodal. La proximité des deux manoirs, la similitude des noms dans les deux maisons, et l'identité de croyances et de sentiments patriotiques, nous font penser qu'elles n'étaient que les branches d'une souche unique. Nous en concluons que Prouille est la tige primitive des seigneurs de Fanjaus. Mais vers la fin du XII* siècle, Auda, héritière de Fanjaus, par son'mariage avec Isarn de Bélissen, en transporta la seigneurie dans la maison de Mirepois. Conséquemment Guilhem de Prouille était cousin d'Auda, et son fils Isarn,le filleul d'Isarn de Fanjaus. Fanjaus, comme Mirepois, formait une seigneurie indivise sous plusieurs rameaux dont l'un était encore représenté par les seigneurs de Prouille. De sorte que leur château fut enveloppé dans la confiscation générale du domaine féodal de Fanjaus, et que ces chevaliers subirent la fortune de leur parent et de leur chef Isarn de Bélissen, époux d'Auda de Prouille. Toutes ces inductions paraissent certaines, mais fussent-elles douteuses en quelques points, il n'en demeure pas moins incontestable que c'est sur le domaine enlevé par la croisade à Guilhem et Isarn de Prouille, et livré par Simon de Montfort et révêque Foulque, à Dominique de Guzman qu'en 12H fut fondé le monastère de Prouille, sé-
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minaire de l'ordre dominicain. Son origine est la croisade, et la spoliation est son berceau.
A cette spoliation fondamentale vint s'ajouter une multitude d'autres déprédations. Aucun des croisés n'eût cru posséder légitimement sa conquête s'il n'en eût offert quelque parcelle à Dominique. C'est ainsi que Frémis, un aventurier français, pour la rédemption de son âme et de ses parents, lui donna la moitié de son nouveau domaine de Roumégous, situé près de Cuella, et confisqué sur Ugo de Roumégous, baile du vicomte de Garcassonne*. Et de cette donation furent témoins Arnaud et Roger Picarel, Usalguier de Fénouillet, etRamon de Vergnola, chevaliers albigeois, alors ralliés à la croisade, mais qui se relevant de cette défaillance patriotique devaient remonter au rang de proscrits et de faidits des bois. Guillaume de l'Essart, un autre baron français, usurpateur de Villaciscle, près de Montréal, légua de même à Dominique douze setérées (six hectares) de terre, détachées de son grand domaine, dans le voisinage de Fanjaus. Un autre, Bernard de Barsa, un homme, à ce qu'il semble, du Midi, cathare probablement relaps, qui, pour ne plus osciller dans sa foi, prit, comme un signe indélébile, le surnom de Catholica, se donna lui, ses deux fils et tous leurs biens, à Dominique. C'est à genoux devant lui, les mains dans les mains, et le baisanty avec cette componction dont l'épouvante ou l'imbécillité sénile renferment le secret, qu'il se
voua, corps et âme, au missionnaire espagnol. Plus