‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 334 sur 922 · Hist. du Lang.y t. V, pr · texte numérisé non relu

Hist. du Lang.y t. V, pr

tard, Ramon, seigneur du Villar, lui fit donalion de tous ses biens, quels et en quelque lieu qu'ils fussent, ne conservant que son vêtement comme un suaire, et son manoir comme un tombeau. Ce vieillard paraît avoir été conduit à ce dépouillement absolu par Navarra, le sagace évêque de Gonserans, et Vidal, le perfide abbé de Pamiers : ces deux conseillers de rinvasion signent seuls, avec quelques moines, son testament qui déshérite son fils ou son neveu, l'ingénieur de la cause romane*. Le monastère de Prouille, doté par la croisade, enrichi par la violence et l'effroi, acquit dans le bouleversement du Midi, de vastes domaines, que les évêques accrurent encore par la cession de biens ecclésiastiques destinés à fonder, dans les cantons les plus hérétiques, des succursales dominicaines. C'est ainsi que, pour n'en citer que trois exemples, l'évêque de Toulouse lui céda les dîmes de Bram, l'archevêque de Narbonne les prébendes de Limons, et le pape le château pontifical de Lescure, aux portes d'Albi*.

En quelques mois, l'humble manoir cathare de Guilhem et d'Isarn de Prouille s'épanouit en un riche et puissant monastère, somptueusement assis au pied de la montagne de Fanjaus. Il s'élevait au bord du chemin de Carcassonne, et pourtant au milieu des bois, également à portée, selon le génie de son ordre, de la solitude et du monde. Son vaste cloître comprenait, contigus et divisés sous un seul

i. Hist. du Lang., ibid.

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