‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 347 sur 922 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

'murs de Prouille berceau de l'inquisition, dans les plaines de Fanjaus. Eh quoi donc, ignorait-il, ce hardi sophiste, que Dominique avait fondé son ordre de proie, dans un lambeau de la spoliation romane, comme un milan couve ses petits hagards dans le duvet, etles ossements des colombes dontil aravi le rocher aérien. Et s'il ne l'ignorait pas, pensait-il que c'est un des crimes que le temps, ce grand transformateur des choses, tourne en gloire? Mais Dieu, n'a pas donné au temps, le pouvoir qu'il n'a pas lui-même, de faire de la gloire avec de la honte. Les neo- dominicains font du grand missionnaire castillan, un ange de miséricorde et de douceur. Dominique, disent-ils, fut étranger à la croisade ; il n'a point fondé l'inquisition ; ce n'est que dix ans après sa mort que le redoutable tribunal fut établi par Grégoire IX^ Nous avons nous-même distingué, et c'est justice, Dominique de l'ordre dominicain. Mais Dominique et son œuvre, nous l'avons montré, tiennent indissolublement à la croisade; ils ne peuvent pas plus se dégager des massacres du midi que les gorgones du clocher de Muret ne peuvent arracher leur croupe de pierre des rouges maçonneries qui les étreignent éternellement. Si Dominique ne fut pas à son premier voyage de Rome, l'instigateur de la croisade, si plus tard, avec l'évêque de Toulouse, son protecteur, il n'appela pas la croisade, ce qui est invraissemblable, il est certain qu'il attendit la croisade, qu'il marcha, douze ans, enveloppé de la croisade, et qu'il partagea,

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