Guim. dePuiL — Krcin — Martène
cite convenait peu au naturel impétueux des méridionaux. Ils furent tirés de leur modération par les violences des inquisiteurs ; leur indignation éclata en menaces, en émeutes, en troubles orageux. Le concile de Narbonne publia Tédit. Les citoyens du Bourg de Narbonne s'étaient unis par une espèce de fédération civique, appelée, d'après une tradition grecque, du doux nom à^Amistança. C'était évidemment une ligue du parti roman, populaire, contre la cité féodale; national contre le vicomte dévoué à la France; cathare contre l'archevêque promoteur fougueux de la croisade, et le sombre représentant de la théocratie romaine. Ramon de Villerouge, tribun de VAmistança narbonnaise, s'appuyait sur Olivier de Termes, le puissant faidit des Corbières. Narbonne avait pour inquisiteur Francisco Ferrer, prieur des dominicains «. Ce moine catalan, sans motif, sans examen, sans jugement, confisquait, incarcérait, torturait, tuait même dans l'ombre des cachots. Les consuls, organes des lois et représentants de l'humanité, refusèrent leurs concours à ces barbaries sauvages. Les citoyens ne manifestèrent leur mécontentement que par des murmures tant que l'Inquisiteur n'attaqua pas l'A mtonf a. Mais un jour Ferrer vint luimême, à la tête de ses sicaires, arrêter un membre . de la confrérie, le chevalier Ramon d'Argens. Le peuple arrache son ami de leurs mains en poussant des cris de mort. L'Inquisiteur excommunie les insurgés. L'archevêque et le vicomte arrivent et