Percin, Mon., p. 51. Eég. de l'Jnq
église johannite. Au camp des princes exilés avait succédé une église indigène de pâtres : communauté rustique, mais héroïque d'origine, fondée par Guilhabert de Castres, et dont la première semence avait été le vicomte Arnauld, et sa noble fille, Ermessende, comtesse de Foix. Pierre, évêque d'Urgel, voulut d'abord se rendre en personne à Castelbon. Par deux fois, ces montagnards menacèrent de tuer le prélat inquisiteur. Pierre, alors, somma Roger-Bernard, comte de Foix, de lui livrer d'abord trois hommes, puis cinq, f)uis seize, pui? enfin quarante-quatre» Le magnanime comte répondit qu'il ne lui livrerait aucun de ses vassaux, et que d'ailleurs, depuis la mort de sa femme Ermessende, il avait cédé à son fils Roger la vicomte de Castelbon. Alors Guilhem, procurateur de l'archevêque de Tarragone, somma Roger, infant de Foix, d'ouvrir ses terres aux agents de l'inquisition. Roger, au concile de Lérida, y consentit; mais les prélats espagnols exigèrent encore que ce prince indocile, pour que l'œuvre de l'inquisition s'accomplît mieux, plus sûrement, et plus cornplétement, remît sa vicomte à son beau-père, Ramon Folch, vicomte de Gardonna Ces précautions prises,les inquisiteurs, dominicains et franciscains, et d'autres clercs, montèrent à Castelbon. Ils condamnèrent quarante-cinq hérétiques, croyants ou parfaits, dix-huit morts dont ils firent exhumer et brûler les ossements, et quinze contumaces. De ce nombre était Pierre Du Mas i , qui refusa
I. Probablement de la maison de Saint-Andréo, et resté depuis l'exil à Castelbon, pour le service du comte.