LIVRE SIXIÈME j
à l'inquisition et ses terres au roi de France II consentit, pour reculer son départ, au retour' de 1 évêque et des inquisiteurs dans Toulouse. Ramon du Falgar , Pons de Saint-Gilles et le farouche frère Arnauld rentrèrent dans la cité consternée avec une pompe lugubre et triomphale. Ces moines superbes traînaient vaincus à leur suite leur prince avih. les nobles capitouls abattus, la justice et 1 humanité gémissantes. Ah I pourquoi l'infortuné comte, pourquoi les magnanimes consuls ne s'exilèrent-ils pas dans les déserts de l'Orient! Ils n'auraient point vu le frère Arnauld remonter sur son siège judicial. Lesjugements, les proscriptions les incarcérations, les supplices, la profanation des tombes, la combustion des vivants et des morts recommencèrent dans Toulouse épouvantée A Toulouse, à Garcassonne. à Albi, dans les villes dans les bourgades, on traîna de rue en rue les ossements, à son de trompe. Qui aital fara, aital penra, criait le héraut de l'inquisition en s'accompagnant de son cor lugubre'. Eh bien, que ce cri sinistre, pour son jugement et notre instruction se prolonge à travers les siècles J
Les mêmes exécutions eurent lieu sur les deux versants des Pyrénées. Aux fureurs des dominicains de Toulouse répondaient les emportements des domimcains de Tarragone. Les inquisiteurs aragonais appelés par l'évêque d'Urgel. montèrent à Castelbon. Sur les bords de la Noguéra orientale, le. camp chevaleresque des faidits avait laissé une