Ibid. Trois dép. de Bernard Olhon de Laurac
et sœur ils n'engendraient plus que des âmes pour le ciel. Leur vieillesse était un sacerdoce Dès ce jour, Ramon et Corba de Perella s'isolèrent de plus en plus du monde. Ramon resta comme unévê que laïque sous l'armure chevaleresque. Mais(3orba devint diaconesse, et entraîna dans la perfection et la solitude j ohannite sa seconde fille Esclarmonde vierge héroïque que l'exemple de sa mère, et de sa marraine la vicomtesse de Gimoez. vouaient au sacerdoce du Paraclet. Noces mystiques, mais oblations sanglantes, et sacrifices qui devaient aboutir tragiquement à l'holocauste immense de Montségur. Ramon de Perella, après toutes ces ruptures de cœur, resta donc seul dans sa maison vide avec sa dernière fille, orpheline aussi; et la jeune et fidèle Braïda fut son Antigone.
Évidemment pour l'albigisme la virginité était l'idéal. Au second degré d'honneur venait le veuvage Le mariage fut relégué au troisième rang, comme un état mondain. 11 fut également dédaigné par les cours d'Amour et les églises du Paraclet. Le platomsme méridional le déclara radicalement incompatible avec la félicité : sur la terre avec l'amour • dans le ciel avec le saluf. Le mariage albigeois n'eut jamais la stabilité du mariage chrétien, et sa mobilité venait de son dogme théogonique. D'après la Genèse, Eve est tirée du cœur d'Adam. Ils sont une même chair et n'ont qu'une seule kme. Eve, semblable mais inégale, n'est que l'aide d'Adam. De là la dépendance de la femme, mais aussi sa délicatesse