I. Zurila, Chron. de Ara go
iiO LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
cette chevalerie proscrite au roi pour l'expédition des Baléares. Mais après la conquête de T Archipel, sous la menace de Rome, jalouse de voir ces îles repeuplées par des hérétiques, et la cour envahie par des exilés cathares, le monarque éloigna leur protecteur Guilhem de Montcada et prit pour conseiller son cousin, don Sanchez Nuiio. C'était une révolution de palais, et un revirement de politique, car Nuno était dévoué à Rome, l'ami de la France, l'ennemi des faidits albigeois, et avait même usurpé, sur l'une des plus illustres maisons romanes, celle de Saissac, la vicomte pyrénéenne de Fenouillèdes qu'il vendit plus tard à la France. C'est sous l'influence de Nuno que s'accomplit la défection du roi don Jaïcmé, la conversion de Nolasco et le rStour de l' Aragon vers la politique romane. Mais le fier Montcada, à la tête des patriotes aragonais et des faidits romans, vainquit Nuno, envahit Saragosse, et assiégea le roi dans son Alcazar. Nolasco, secrètement averti, accourut de Barcelone, il fléchit les chefs, désarma les factions, délivra don Jaïcmé ; de sorte que le premier captif qu'il racheta, et comme les prémices magnifiques de son œuvre, c'est son monarque lui-même *.
Il est impossible queles faidits romans n'aient pas été mêlés à ces troubles de l' Aragon. Les Albigeois évidemment étaient mécontents du prince et le prince embarrassé de ses hôtes compromettants. Ils avaient d'abord regardé l'orphelin de Muret comme