Mado2, Die. géograph, — Fera. Denis, sur l'Espagne
races et des religions, et qui après avoir, sous l'impulsion des papes, persécuté les johannites et combattu les musulmans, les ameutait maintenant, pêle-mêle et en tumulte, contre les papes et enfermait Rome dans un cercle de colonies sarrasines et d'églises cathares et léonistes. Frédéric de Souabe était un monarque bien autrement brillant et audacieux que don Jaïcmé d'Aragon qui pourtant devait triompher où se briserait le magnifique César, et s'agrandir des débris de cette immense ruine impériale.
Tandis que l'Espagne n'offrait donc aux Albigeois qu'un refuge mal assuré, l'Italie leur ouvrait un vaste champ de bataille où ils pouvaient attaquer de plus près la théocratie romaine. C'est là que se rendaient en général les parfaits, les zélés, les esprits libres et guerroyants. C'est là que se retirèrent les troubadours Amérig de Pégulha et Guilhem Figueyras. Amérig était un marchand de Toulouse, probablement originaire, comme son nom l'indique, des sources de la Garonne. Guilhem était un tailleur de la même cité : il échangea l'aiguille paternelle contre une harpe, non pas la harpe des châteaux, mais le galoubet des carrefours. « Il se fit, dit son biographe contemporain, jongleur des citoyens. Il ne recherchait pas les barons, mais seulement les hôteliers. Quand venait un homme de cour, il devenait triste et sombre ; il n'avait de repos qu'il ne l'eût abaissé ; il ameutait incontinent ses ribauds *. t Figueyras,