Doat XXII. Bérenger de Lavelanet
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sauva le midi. Après la victoire de la France, la grande faidite remonta sur la montagne sainte, et, pour y mourir dans son muet désespoir, s'enveloppa comme d'une nuit. Elle conserva le même ascendant sur les princes : son nom est une gloire de la maison de Foix. Elle le transmet à sa nièce, Esclarmonde d'Alion, à sa petite-nièce Esclarmonde de Gardonne, à son arrière-petite nièce Esclarmonde d'Aragon, qui sera bientôt reine des Baléares*. Ce nom prophétique ceignit le front de chacune de ses filleules d'un rayon de grâce. Mais leur vieille et illustre marraine en réalisa seule le symbole orageux ; elle fut véritablement un éclair, et un jet de foudre dans la plus effroyable tempête qui ait bouleversé le monde. Depuis longtemps, elle s'entourait d'oubli, et s'enveloppait de silence. On la trouva sans doute éteinte dans sa grotte. Les Amis de Dieu, qui ne croyaient point à la résurrection des corps, avaient cependant la plus grande horreur de la violation des tombeaux. Dès leur vivant ils dérobaient leurs cendres dans le mystère du trépas. On les ensevelissait de nuit, et ceux qui portaient le cadavre promettaient de n'en révéler jamais le sépulcre. Les princesses de la maison de Foix déposèrent sans doute les restes d'Esclarmonde auprès de ceux de Philippa, dans quelque crypte inconnue de Montségur où elles trouvèrent enfin le repos de l'oubli et la paix du désert. A la place de la vicomtesse de Gimoez, celle que nous supposons la mère de Loup de Foix et d'Esclar-