Holhgaray, Hist. des comtes de Foix
monde d'Alion, Ermengarde du Teil, l'ancienne abbesse des Salenques, déjà sa coadjutrice, resta l'archidiaeonesse de Montségur *.
Guillabert de Castres suivit bientôt ces illustres catéchumènes dont il scella le tombeau. Cet homme qui lutta contre saint Dominique, l'évêque d'O^a, les légats romains, à Montréal et à Pamiers; qui convertit les princes et les princesses de la maison de Foix ; qui fut le conseiller des comtes de Foix et de Toulouse, et des barons pyrénéens; qui, par son ascendant auprès des princes, fonda Montségur et Castelbon, ces deux champs d'asile du xriie siècle ; qui recueillit sur ces deux cimes le sacerdoce albigeois et la chevalerie romane ; qui, redescendu des montagnes avec les faidits, fut lame de la réaction patriotique, le prophète des guerres libératrices et comme le légat du Paraclet et de l'humanité dans la victoire du' midi. Ce vieillard, qui après le plus inespéré triomphe, vit, plus inespérément encore, sa patrie écrasée par le roi de France ; qui reculant devant l'inquisition cette seconde croisade, ramena le sacerdoce johannite sur le Thabor; mais qui, de cette cime désolée comme son destin, tenait encore en alarme le roi de Paris et le pontife de Rome; cet Ange de la plus horrible tourmente qui ait bouleversé le monde, disparait comme un fantôme; on ignore le temps de sa mort, et le lieu de sa sépulture ; il n'a pas même un mot dans l'histoire, tandis que ses sanglants vainqueurs ont des trônes et des autels. Bertran d'En Marti, fils ma-