‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 443 sur 922 · LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME

les prédications de Pierre Polha, évêque johannite du Rasez. Pendant ces assauts furieux, arrivèrent les comtes de Toulouse et de Foix, non comme auxiliaires mais comme médiateurs. Ils s'interposèrent entre les généraux du roi de France et les chefs du parti national. Ils ne voulurent pas laisser périr les restes infortunés de la patrie romane, car Montréal ne pouvait que succomber. Les deux comtes, agréés pour arbitres, réglèrent les points de la capitulation. Les évêques cathares n'étaient point compris dans cette paix et l'auraient infailliblement scellée de leur sang. Les chevaliers durent pourvoir au salut des ministres du Paraclet. Pressentant la chute prochaine de Montréal, Jordan de Lantar et Pierre de Gugunhan pénètrent, à travers le camp ennemi, dans le château, et pendant qu'ils en défendront les murs croulants, engagent Pierre de Mazerolles d'en sortir avec révoque Polha et le sacerdoce albigeois. Pierre accepta sa périlleuse mission, et passant, de nuit, au milieu des tentes royales, conduisit heureusement les Amis de Dieu, a travers le bois de Fanjaus, dans son manoir de Gajanla Selva *. Alors seulement le vicomte rendit Montréal; il sortit avec ses armes, ses chevaux et ses chevaliers, et les habitants qui le suivirent en Espagne.

Le sénéchal passa l'automne â déloger l'insurrection du haut de ses rochers. P. Roger de Mirepois, chef des faidits de Montségur, accompagna jusqu'au dernier instant le vicomte de Carcassonne

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