Regist. de Vinq. de Toulowe
f78 LES ALBIGEOIS ET L'INOt'ISlTlON
Le sénéchal fit tous ses efforts pour s'emparer de ce chef audacieux , le plus redoutable des seigneurs pyrénéens. Jordan du Mas le vieux, et son neveu Guilhem du Mas l'avertirent qu'on lui tendait un piège au château de Rocafeuil. Le hardi guerrier déjoua cette embuscade, et défendit jusqu'au dernier les donjons de la Gerdagne. Ces divers sièges se terminèrent par celui de Pierrepertuse qui succomba vers la mi-novembre. Il était temps pour les troupes du roi. L'hiver arrivait, terrible. Il eût pu être un auxiliaire victorieux du parti national. Il vint trop tard, et ses neiges, en épargnant les vainqueurs, ne firent que leur dérober les vaincus. Ainsi échoua cette insurrection des faidits rejetés de nouveau avec leur chef, l'héroïque et malheureux Ramon-Roger de Garcassonne, derrière les Pyrénées *.
La défaite du vicomte entraîna , selon l'usage , de nombreuses défections. En novembre , Gérald d'Aniort vint faire sa soumission à Dulhac, près de Pierrepertuse. Il la fit au nom de ses frères, de ses neveux et de sa mère, la vieille Esclarmonde de Laurac, dont le cœur altier était brisé. Il remit les châteaux d'Aniort, de Castelport, de Rocan et de Dorna, à condition qu'ils lui seraient rendus par le roi de France, dès que sa maison serait réconciliée à l'Église romaine. Le roi le promit, mais ne tint pas sa parole, et par là, fut frappée d'un seul coup la puissante et antique famille d'Impéria. En décembre, Guilhem de Pierrepertuse remit sa