‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 447 sur 922 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

des parfaits. C'était vrai, mais il ajouta, ce qui était beaucoup moins certain , qu'il avait toujours cru qu'on ne pouvait être sauvé que dans l'Eglise romaine. Cette confession pleine de réticences dut coûter beaucoup à sa sincérité chevaleresque, et les inquisiteurs voulurent bien s'en contenter. Rome était portée à l'indulgence ; c'était un temp» de grâce, dit le frère Arnauld, et les approches de la fête de Pâques (12 avril 1241). Puis, l'évêque d'Urgel, sur le rapport des inquisiteurs, révoqua la sentence d'excommunication , et Roger-Bernard fut reconnu pour bon, loyal et catholique prince. Malgré cette absolution , il prévit que le tribunal , indulgent aujourd'hui, mais rendu à sa nature implacable, rechercherait plus tard sa mémoire, il voulut lui dérober sa cendre, et assurer la paix de sa tombe*. Descendant du Gastellar, sa résidence, le prince malade se retira au monastère hospitalier de Bolbone, et dépouillant sa cotte de maille revêtit la robe blanche des moines , amis des Consolateurs. Il erra quelques jours encore, comme un fantôme, sous les arcades du cloître, et sous les chênes de la forêt, sur la rive de l'Ers, dont le murmure lui apportait l'adieu et les bénédictions de Montségur. Il mourut les yeux fixés sur la montagne sainte, sur le dernier asile de l'indépendance romane et de la foi johannite qu'il entrevoyait sur la sombre cime du Thabor resplendissant au soleil couchant, comme une plaque de neige limpide, et qui devait, après sa mort, s'évaporer, comme une

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