Archives de Garcassonne
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effroyable tempête qui ait bouleversé le monde, l'avait brisé avant le temps ; il en était le héros et le martyr. L'inquisition troubla ses derniers jours, Pierre, évêque d'Urgel, désireux d'usurper à son profit la suzeraineté mixte de l'Andorra, avait sommé le comte de venir rendre compte de sa foi devant les inquisiteurs d'Aragon, et sur son refus l'avait excommunié. Pierre était mort sur cette querelle moins religieuse encore que féodale, et Pons, son successeur, se montra d'un esprit plus juste et plus clément. L'évêque consentit à lever l'excommunication, et le comte à comparaître devant le tribunal de Toulouse. Le frère Arnauld, dominicain, et le frère Estève ou Etienne, franciscain, se transportèrent au Caste llar de Pamiers. Ils procédèrent à l'interrogatoire du prince, en présence de son fils Roger, d'Atho, abbé de Saint-Volusien de Foix; de Bernard, abbé de Bolbona; d'Etienne, abbé du Mas-d'Azil, et d'autres personnes religieuses et laïques. On doit remarquer l'absence de l'abbé de Saint- Antonin, qui toujours implacable ne voulut sans doute pas participer à l'absolution d'un prince qu'il regardait comme hérétique *.
Roger-Bernard répondit à ses juges que sa mère Philippa, sa tante Esclarmonda, son parent et son précepteur P. Adhemar de Rodelha , qu'un grand nombre de ses compagnons de guerre, étaient albigeois ; que, tout enfant, il avait assisté à leurs prédications, même à leurs agapes, mais qu'il n'avait pas reçu d'eux la paix, c'est-à-dire le baiser d'affiliation