‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 454 sur 922 · Zurita, Annales, liv. III, ch. xxxix. — Guil. de Pull · texte numérisé non relu

Zurita, Annales, liv. III, ch. xxxix. — Guil. de Pull

Ch. XLTV. *

LIVHE HUITIÈME f^

tenu sur les fonts dona Sancha d'Aragon, que cette infante conséquerament était sa sœur spirituelle, et qu'il n'avait pu l'épouser sans commettre à son insu comme un inceste moral. La comtesse ne répondit que par un fier et douloureux silence • c'était un sacrifice que l'Espagnole faisait à sa race et à sa patrie. Puis dès que l'évêque d'Albi eut pro nonce la sentence du divorce, veuve d'un époux vivant, elle se retira au château de Padernas, dans le comtat Venaissin que les princes avaient fixé pour sa résidence et où elle s'éteignit obscurément vers le milieu du siècle.

L'exclusion de la comtesse n'était que la moitié

du projet : il fallait encore, et c'était le plus diffi-

cile, faire entrer dans son lit la jeune infante de

Provence qui s'appelait aussi dona Sancha ^ Ce di-

vorce inattendu alarma Blanche de Gastille, Joana

de Toulouse sa bru, et le roi de France. Ils virent

sous ce mariage un commencement de ligue romane.

Louis IX se hâta de substituer au comte Ramon

son gendre Alphonse. Étant à Saumur, il convoqua

un parlement (le jour de la Saint- Jean) , revêtit son

frère du baudrier de chevalerie, et lui céda, pour

les posséder à perpétuité, à titre de fiefs de la

couronne, les comtés de Poitou et d'Auverc^up et

les terres d'Albigeois. Puis l'implacable Blanche de

Castille mit tout en œuvre pour empêcher Iq

mariage du comte Ramon avec dona Sancha de

Provence. Le roi d'Aragon, représentant du comte

1. Par ce mariage Ramon VII fût devenu le beau-frére de Louis IX qui avait épousé Marguerite de Provence.

no LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION

épousa rinfante dans la ville d'Aix (12 août 1241), en présence des archevêques d'Aix et d'Arles et de l'évêque de Toulouse. Ramon du Falgar, qui|n' avait pas voulu coopérer au divorce dans l'île de la Vernha, s'était hâté de le dénoncer au roi de France, et sans doute à la cour de Rome. Le roi don Jaicmé, les comtes de Toulouse et de Provence envoyèrent cependant une ambassade pour obtenir du pape Grégoire IX la dispense nécessaire à cause de la parenté des deux époux : nécessaire, disaientils, pour rétablir une paix parfaite entre les trois princes. Mais ils ne purent jamais obtenir cette dispense, soit parce que Grégoire IX mourut dans l'intervalle, et que le siège pontifical fut vacant pendant vingt mois ; soit parce que la cour romaine était unie ^ d'intérêts dans cette affaire avec la Maison de ' France, qui fut d'autant mieux servie que le cardinal de Saint-Ange, l'ami de la reine Blanche, était, pendant cet interrègne, tout-puissant dans les Conseils du Vatican. La cour de Rome, le roi de France parlèrent sans doute à Ramon-Bérenger, et l'infante dona Sancha fut accordée à Richard, frère du roi d'Angleterre *.

Le comte de Toulouse, évincé de ce côté, projeta un second mariage qui devait étendre encore plus et consolider la ligue du Midi. Le roi Louis IX, au parlement de Saumur, avait donné à son frère Alphonse le comté de Poitiers récemment conquis sur les Anglais. Hugo de Lusignan, comte de la Marche, époux d'Isabelle comtesse d'Angoulême,

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