‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 464 sur 922 · Dép. : d*Imbert, d' Alzeu, d*Amauld' Roger · texte numérisé non relu

Dép. : d*Imbert, d' Alzeu, d*Amauld' Roger

roi de France livre à son insu les inquisiteurs qui de bourgade en bourgade promènent la terreur dans le Lauragais, et viennent, ce soir même, dresser leur tribunal dans Avignonet. Le prieur d'Avignonet les conduit dans ses propres murs et contre ses paroissiens révoltés. Prêtre irrité à la fois et juge implacable, ce moine italien vient déclamer les plus grands citoyens et les plus puissants seigneurs, les Roaix, les Villèle, les Varagne, les Villeneuve, ces pairs des comtes, et pasteurs cathares et chevaleresques des peuples *. Fugitifs de leurs palais de Toulouse, ils vivent retirés dans Avignonet où ils ont des hôtels, sur les collines environnantes où s'élèvent leufs demeures féodales, berceaux de leurs antiques races romanes. Là vivaient aussi les cinq fils de Bernard de Quiders, Pierre, Guilhem, Bertrand, Bernard et Jordan, cousins des Cap-de-Porc du Mas. Meta ou Guillelmeta, leur mère, était fille du vieux Gui du Mas S. Andréo. Elle avait sur son déclin quitté sa famille et le monde pour vouer, humble diaconesse, son veuvage volontaire, au service du Paraclet. Associée aux nobles parfaites. Ramona de Varagne, Aicelina de Hauterive, et Bérengéra de Gavarret, Meta tenait dans Avignonet une maison de consolation, mélange de Thospice. de l'école et de l'oratoire. Le supplice de Bérengère, brûlée vive à Toulouse, ne ralentit pas le zèle de Meta. Bertrand, son fils, étant tombé malade, elle fit appeler le diacre Ramon Sans. Donat, son gendre, alla le chercher dans les

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bois. Médecin du corps en même temps que de l'âme. Sans administra son remède, invoqua le consolateur, et exhorta les assistants éplorés. Le moribond, qui devait rendre le dernier soupir entre les mains des Bons-Hommes, auxquels il léguait cinquante sols toulousains , fut miraculeusement rendu à la vie par les prières et les breuvages cathares; et dès ce jour, les cinq frères vouèrent leur épée et leur parole à la défense du Paraclet contre l'inquisition qui commençait alors ses fureurs (1234). Ils escortèrent ses ministres de bourgade en bourgade et de forêt en forêt *. Ses principaux évêques visitèrent Avignonet. Guillabert de Castres logea souvent chez Alaman de Roaix, Bernard de la Motte chez Estold de Roqueville, Bonfilh chez Na Sapdalèna de Villeneuve, et chez son propre compagnon le chevalier Guilhem de Varagne. Bonfilh des Cassers était un docte théologien, un disputeur hardi et tenace, et qui s'illustra dans Avignonet même par plus d'un tournoi dogmatique. Naguère encore Pierre Brun, un ancien ministre albigeois, maintenant champion du dogme catholique, vint défier Bonfilh qui releva le gant, et sortit des bois de Lavéran pour montrer la supériorité de l'évangile Johannite sur la loi de Moïse. La rencontre eut lieu chez le notaire Adhémar dont l'abjuration devait être le prix du vainqueur. Après la dispute qui fut orageuse, le vieillard se convertit au Paraclet et mourut bientôt après entrç les mains de Bernard deMaireville, diacre de Mont-

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