‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 467 sur 922 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

d'Avignonet. Il les tient enfin, ces inquisiteurs détestés; mais dans le cas, impossible, où ils lai échapperaient encore, ils iraient infailliblement tomber dans une embuscade qu'il leur a dressée à las Bordas, sur la route de Castelnaudari à Carcassonne, dans cette plaine illustrée par une double bataille où le même jour fut vainqueur des croisés et vaincu dans sa victoire par Simon de Montfort, l'héroïque comte Ramon-Roger de Foix.

Alfaro, vêtu d'un pourpoint blanc, comme pour un festin ou une cour d'amour, mène les conjurés vers la salle capitulaire, dite du comte, où les inquisiteurs, par défiance ou par orgueil, se sont installés dans le donjon. Ce sont le fameux frère Arnauld, dominicain, natif de Montpellier; frère Estèbe ou Etienne, franciscain, originaire de Narbonne ; Ramon de Costiran, surnommé l'Écrivain, ancien troubadour, maintenant archidiacre de Lézat et chanoine de la cathédrale de Toulouse, et le primat d'Avignonet, ancien bénédictin del'abbaye de Chiusa en Piémont*. A l'exception de ce dernier chacun des quatre inquisiteurs est accompagné de ses acolytes monastiques : Ramon de Costiran, de son clerc Bernard; frère Estèbe, du franciscain Ramon Garbonner ou Charbonnier; et frère Guilhem Arnauld, des dominicains Garcias d'Aura et Bernard de Rocafort. Auprès de ce terrible chef on voit encore Pierre Arnauld, notaire ou greffier du tribunal, et Fortaner et Adhémar, nonces ou messagers de l'inquisition. Le prieur d'Avignonet a

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