‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 469 sur 922 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

bourg. Le vieux chevalier, inquiet de ce long silence et de l'obscurité de la nuit, dit à Imbert de Salas, son compagnon : « Pourquoi ne vas-tu pas avec les autres? » et pour l'exciter encore davantage, il ajouta : « Tu ferais peut-être aussi quelque butin. — Je ne sais par oii l'on va, répondit le jeune Cordouan. — Nous allons vous conduire, » ajoutèrent deux hommes d'Avignonet. Et ils menèrent Imbert et les autres archers au château. Le meurtre était accompli; ils trouvèrent les inquisiteurs, leurs acolytes et leurs domestiques, gisant dans le sang*. Les conjurés s'agitaient bruyamment autour des cadavres, chacun faisait gloire de ses coups. « Cela va bien, s'écriait Alfaro, je les ai assommés avec ma massue I — Et moi, répondait Pierre Aura, je les ai percés de mon poignard de Ségovie I — C'est le plus beau jour de ma vie, » ajoutait Ramon Golaïran. Ainsi se vantaient à qui mieux mieux Férou, Adhémar, Balaguer, Guilhem d'En Marti, Jordanet du Mas, Sicard de Puivert, Guilhem de l'Ile, Bertran de Quiders, Guilhem de Plagne, Pierre et Arnauld de Na Vidal, Berseja et ses bûcherons de Gajan agitant leurs cognées teintes de sang. Ils poussent un hurlement de joie et de triomphe grossi par l'écho dés tours et la voix de ces vieilles murailles qui semblent tressaillir et exsulter de cette vengeance tardive de la patrie romane égorgée. Othon de Massabrac et le bâtard de Rabat, assoupis de lassitude sur la poterne extérieure, s'éveillent en sursaut à ces clameurs du donjon. Bientôt, arrive

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