LIVRE HUITIÈME
SOITB DU MErRTRB DES INQUISITECtS. — PRISE D* AIMES DU MIDI.
Alfaro cependant, après avoir congédié ses compagnons , était rentré tranquillement dans Avignonet. Mais Golaïran, Boubila, Donat et les deux Richard, ses agents du meurtre, simulant la surprise et l'effarement, se mirent à crier : Aux armes ! aux armes t Le veilleur nocturne répète le cri d'alarmes dans le bourg endormi. Avignonet s'éveille en sursaut. Le peuple accourt au château comtal. 11 trouve les inquisiteurs massacrés. « Quels sont les meurtriers? demandent les bourgeois. — Ils s'enfuient par le chemin de la Bruguière, répond le rusé Goulaïran, et vous pouvez entendre encore le galop de leurs chevaux. » La tragique nouvelle se répand de bourg en bourg avec la joie et la terreur jusqu'à Carcassonne, jusqu'à Toulouse. Le frère Ferrer, inquisiteur de Carcassonne , le même qui avait suscité les émeutes de Narbonne, ne se méprit ni ne se troubla *. Il excommunie aussitôt les meurtriers, quels qu'ils soient , et accuse indirectement du meurtre le comte de Toulouse. L'anathème , comme un glaive prêt à tomber, pend sur la tête éperdue de Ramon VII. Le viguier de Toulouse, le