‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 471 sur 922 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

air sombre : « C'est très-bien! dit-il. Vous avez tous votre part ! Mais je n'ai pas la mienne, moi ! Pérou, Adhémar, où donc est ma coupe ? — Don Alfaro Ta broyée sous sa massue, répond Adhémar. — Traître, s'écrie le chef furieux, vous deviez me l'apporter! J'avais juré de ne plus boire de vin que dans ce gobelet ! Je voulais le garnir d'un cercle d'or ! » La coupe où Pierre-Roger désirait s'enivrer délicieusement du vin de ses vengeances patriotiques, c'était le crâne du frère Arnauld.

Au bois d'Antioche, les conjurés se séparèrent; Guilhem et Jordanet de S. Andréo revinrent au Mas ; Berseja et ses archers armés de haches retournèrent avec Jordan du Villar à Gajan-la-Selve ; les faidits de Montségur remontèrent, [mais par un autre chemin, vers les cimes de Thabor, avec Pierre-Roger de Mirepois *. C'était au mois de mai; la terre était en fleur ; le rossignol chantait dans les landes embaumées. L'aurore se leva pure sur la Montagne-Noire. C'était le matin de l'Ascension du Christ. Double augure de renaissance et de gloire. Les proscrits durent y voir un symbole du triomphe de la patrie romane et de l'Église du Paraclet. Elles devaient effectivement triompher^ mais la première, hélas, en renaissant dans la grande patrie française son sépulcre ; la seconde, en s'élevant, de son Thabor pyrénéen, comme le Christ, dans le cieL

1. Dom Vaissette, ch. vi. p. 50. Aux deux interrogatoires d* Arnauld-Roger et d'Imbert de Salas, Du Mège ajoute une: autre relation extraite des manuscrits de Toulouse.

ail

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