‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 493 sur 922 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

nouvel ordre, et l'on redoubla les confiscations moms dispendieuses et bien plus lucratives. Dans cette curée du midi, chacun emportait son lambeau sanglant; les inquisiteurs ne s'oublièrent pas ; les évêques en furent jaloux. Le synode crut devoir défendre aux dominicains d'imposer des amendes pécuniaires pour ^honneur de leur Ordre, Mais bientôt ces prélats serviles, tremblants de leur propre audace, s'excusent des conseils qu'ils osent adresser aux délégués indépendants et souverains du saintsiége. Ils terminent par cette lâcheté, cette instruction si révoltante pour l'humanité, la justice et Dieu*. C'est ainsi qu'Innocent IV rejeta les deux requêtes,,celie du comte raffermi, et celle des inquisiteurs éperdus. Il releva le prince de l'excommunication, mais il rejeta son appel contre les dommicains. Il maintint ces moines dans l'office de l'Inquisition, tança leur abattement, gourmanda leur lassitude, comme le maître d'un champ stimule l'indolence de ses moissonneurs. Et ces malheureux reprirent en silence leur moisson d'ossements et de cadavres. Au reste, Jehan de Saint-Pierre et Bernard de Cancio, revenus de leur effroi, se montreront dignes des espérances du synode, et mériteront bientôt d'être surnommés les marteaux des Hérétiques 2.

Enfin le roi de France, d'accord avec le pape, ayant résolu que le siège de Montségur, serait exécuté par le sénéchal de Carcassonne, le synode

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